vendredi 3 novembre 2017

Hüsker Dü - Zen Arcade [1984]

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Mais c'est quand même dingue cette histoire. La coïncidence ultime, le hasard intersidéral, l'alignement des planètes dans le plan cosmique du chignon d'Elisabeth Tessier. Parce que, sans déc, je n'avais ABSOLUMENT pas prévu de parler de ce Double Album Conceptuel [à prononcer avec la voix d'Arielle Dombasle].

Non mais qu'est-ce qu'ils ont crü ces zigotos ? Que j'allais me dégonfler, faire pffff, trouver un alibi en bois, je peux pas j'écoute le dernier Sardou ? Et puis quoi encore ?

Vous voulez causer dü Hüsker Du ? Ok, je sais plus où mettre les trémas mais on va en causer. Pas de problème. Je vais leur montrer moi à Machin W. Gilles et JeePeeDee R.I.P. de quelle excuse en bois je me chauffe. Hüsker Dû, Zen Arcade, vous voulez que je vous dise ce que j'en pense ?


10 [et quelques] très bonnes raisons de ne pas écouter Zen Arcade.

1. Parce que deux trémas dans une langue qui méconnait les accents c'est deux trémas de trop.

2. Parce que j'aurais aimé que ma basse sonne comme celle de Greg Norton mais la vie est vraiment dégueulasse.

3. Parce que le punk est une chose bien trop importante pour qu'on le laisse aux mains des américains, comme l'a presque dit ce bon vieux Henry Kiss-myass-singer.

4. Parce qu'avec la conjoncture actuelle et la montée de la recrudescence, faut pas déconner non plus.

5. Parce que ma grand-mère trouve que Billy Idol était bien mieux coiffé que Bob Mould.

6. Parce qu'un disque de branleur sorti il y a 33 ans 1/3 est un disque de vieux branleur, et qu'un vieux branleur reste un vieux. Ou un branleur. Ou les deux.

7. Parce que Monday Will Never Be the Same c'est beau comme Elton John qui joue du piano, [waaah hé c'est trop la honte ça].

8. Parce que je ne sais toujours pas à quoi sert un producteur de disque alors imaginez un disque sans producteur non mais franchement.

9. Parce qu'en 1984 la Police de la Pensée avait infiltré Total Access Studio (Redondo Beach, CA) et insidieusement convaincu HD de faire un double-concept-album et hop, à peine le temps de dire Yes que c'était fait, je le sais je le tiens de ma tante qui travaille au Ministère de la Vérité si je mens.

10. Parce que Pink Turns To Blue est une perfide tentative d'instiller la théorie du genre dans les cerveaux déjà bien amochés des neurones à crête.

11. Parce que Bob Mould alors que Jello Biafra

12. Parce que je suis absolument infoutu de localiser St Paul, Minnesota sur une carte de France.

13. Parce qu'un peu de mauvaise foi n'a jamais fait de mal à personne alors que beaucoup de mauvaise foi peut parfois faire du bien à quelqu'un.

14. Parce que sans déconner c'est quoi ces mecs pas foutus de faire des chansons de 3 minutes et qui se retrouvent obligés de tenir 14 minutes pour faire du remplissage à la fin ?

15. Parce que Pride me donne une furieuse envie de rouler comme un dingue à 135 km/h sur l'autoroute.

16. Parce que Baster m'a dit qu'il était trop occupé pour enquêter sur ce machin.

17. Parce que HURLER COMME UN MALAAAAADE tout en JOUANT A FOND LES POTAAAAARDS c'est un truc d'ado attardé et alors pourquoi je ferais pas pareil hein ?


Side one
1."Something I Learned Today"
2. "Broken Home, Broken Heart"
3. "Never Talking to You Again"
4. "Chartered Trips"
5. "Dreams Reoccurring"
6. "Indecision Time"
7. "Hare Kṛṣṇa"
Side two
8. "Beyond the Threshold"
9. "Pride"
10."I'll Never Forget You"
11."The Biggest Lie"
12."What's Going On"
13."Masochism World"
14."Standing by the Sea"
Side three
15."Somewhere"
16."One Step at a Time"
17."Pink Turns to Blue"
18."Newest Industry"
19."Monday Will Never Be the Same"
20."Whatever"
21."The Tooth Fairy and the Princess"
Side four
22."Turn On the News"
23."Reoccurring Dreams"


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Till

mardi 4 juillet 2017

Tall Dwarfs - The Short & Sick Of It [1992]

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Vous savez ce que c'est - ou peut-être qu'en fait vous ne savez pas du tout ce que c'est, peut-être que c'est juste moi, peut-être que j'essaie de me servir de vous comme alibi, peut-être que j'essaie de trouver de mauvaises excuses pour de mauvais choix, mais ça aussi vous savez ce que c'est j'en suis sûr - on fait des trucs un peu machinalement, on prend on laisse on jette, sans prendre le temps d'un peu de discernement, sans recul, sans réflexion et sans faire l'effort de conclure cette phrase interminable qui commence à tourner en rond et à ne plus avoir vraiment de sens, ce qui peut paraitre normal pour un rond si on oublie ses notions élémentaires de trigonométrie. Fin du prologue sans queue ni tête.

Et donc, à propos de mauvais choix - puisqu'il s'agit bien de ça hein, si vous suivez - je n'en étais pas à mon coup d'essai, je récidive depuis à peu près aussi longtemps que j'écoute de la musique, je me suis fié à une première écoute, trop rapide, trop superficielle, trop distraite avec pour conséquence première de balancer le truc aux orties. Aux orties ? Ouais enfin c'est une image tu vois. Ah ok je vois. Vous savez ce que c'est, jugement hâtif, sanction injuste. Ah ? On parle pas de l'affaire Gregory quand même ?

Non. Discussion un jour à propos de Chris Knox - ah bah quand même nous y voilà - chez Jimmy mais évidemment c'était EWG qui avait balancé le truc. Hey dis-donc, Knox, Gregory, ce baratin sans fin va finir par la réunion des Cramps. Bin justement les blagues à deux balles ont fusé, le seul vrai Knox s'appelle Nick, le seul vrai Nick s'appelle Knox, le tour du rock en 80 secondes. Et ? Et là Chris Knox nous amène tout naturellement aux Tall Dwarfs. Là je ne fais ni one ni two three four, je lance un processus itératif très simple mais éprouvé : je téléchope, je dézippe et j'écoute.

Sans me lancer dans une algorithmie un peu fastidieuse, à partir de l'écoute j'ai trois orientations possibles. 1. Qu'est-ce que c'est que cette merde, j'efface tout de suite. 2. Euh...on verra ça plus tard mais alors bien plus tard hein. 3. Putain ce truc est génial, je l'écoute en boucle pendant 33 ans 1/3. Autant le dire tout de suite, Tall Dwarfs c'est passé direct dans la branche numéro 2 de l'algorithme. Bin oui ma première réaction a été de le classer dans la case en bas à gauche, celle du Grand Nain porte quoi. Ce qui n'est pas complètement idiot si on y réfléchit bien. Si tu le dis ! Et du coup après t'as changé d'avis ?
Ouais longtemps après. J'avais mis discrètement Baster sur le coup, il a fini par me convaincre. A la réflexion, de la musique faite par des branleurs pour des branleurs, ça valait une attention particulière non ? J'ai une grande tendresse pour ces gens-là, entre branleurs on se comprend. La pochette est à l'image du bordel ambiant qui règne dans leur musique, le seul fil conducteur c'est qu'il n'y en a pas.

Et puis un groupe dont le label s'appelle Flying Nun Records ne peut pas être foncièrement mauvais.

Line up :
Chris Knox
Alec Bathgate
Alec Bathgate
Chris Knox
Chris Knox
Alec Bathgate
Et plein d'autres branleurs qui sont venus les aider.


En voilà une jolie compile qui regroupe les disques That's the short and long of it et Throw a sickie sans toutefois les mélanger :

Thats The Short & Long Of It

01. The Hills Are Alive
    Guitar – AB
    Organ, Voice – CK
    Voice – Miriam Ward Michel

02. Clover (Take 1)
    Electric Guitar, Vocals – CK
    Twelve-String Guitar – AB

03. Pretty Poison
    Guitar, Cymbal – AB
    Piano, Vocals – CK

04. Sleet
    Clavinet, Vocals, Tom Tom – AB
    Guitar, Bass – CK

05. Burning Blue
    Clavinet, Vocals – CK
    Drums [Distant] – Mike Dooley
    Guitar, Piano, Vocals – AB

06. Carpetgrabber
    Piano, Noises [Feedback] – AB
    Triangle, Vocals – CK

07. Gone To The Worms
    Clavinet, Piano, Vocals – CK
    Drums – Mike Dooley
    Guitar, Bass – AB

08. Woman (Live)
    Bass, Vocals – CK
    Guitar – AB
    Mixed By [Live] – Doug Hood

09. Get Outta The Garage
    Drums – Mike Dooley
    Guitar, Noises [Feedback] – AB
    Organ, Vocals – CK

10. Scrapbook
    Organ – CK
    Twelve-String Guitar, Vocals – AB

11. Nothing's Going To Happen
    Written-By – Wall Of Dwarfs*

12. Nothing's Going To Stop It
    Written-By – Wall Of Dwarfs*

Throw A Sickie

13. Underhand
    Guitar, Finger Cymbals – AB
    Piano, Autoharp, Vocals – CK

14. Road & Hedgehog
    Mellotron, Vocals – CK
    Twelve-String Guitar – AB

15. Attack Of The Munchies
    Bass, Guitar – AB
    Loops, Vocals – CK

16. Come Inside
    Guitar, Bass, Backing Vocals – AB
    Vocals – CK

17. The Universality Of Neighborliness
    Dulcimer [Adjustable Floor Hammer], Vocals – CK
    Guitar, Bass – AB

18. The Big Dive
    Guitar – AB
    Loops, Vocals – CK

19. No Place
    Bass, Vocals – CK
    Guitar – AB

20. And Other Kinds
    Bass, Twelve-String Guitar, Guitar [Other] – AB
    Clavinet, Tom Tom [Floor], Twelve-String Guitar, Vocals – CK
    Other [Studio Help] – Bill Latimer, DH

21. Farewell
    Piano, Xylophone, Piano [Pianet], Vocals – AB
    Vocals – CK


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Till

jeudi 18 mai 2017

So This Is Permanence - 18 mai




Le 18 mai c'est le jour où quelque obscure connexion neuronale, dans le tréfonds de mon cerveau reptilien, grande marmite des pulsions primitives, des fonctions vitales et de l'instinct de survie, guide mes pas, à grands coups d'influx nerveux,  le plus loin possible des séchoirs à linge et des cordes en nylon. Nerves like nylon, nerves like steel, le bouquet de nerfs en pelote, tendu comme une corde à linge, j'observe le défilé des fantômes de mes fantasmes. Hanté par quelques lignes ineffaçables de mon cerveau limbique, bouillonnement de souvenirs et d'émotions, je vois grossir la foule grondante de mes héros du passé, inaltérables, inoubliables, immortels. Je ne vis pas dans le passé, je vis avec le passé. Mémoire ! Rassemble dans la salle du cerveau, les rangs innombrables des bien-aimés. Vos rêves tutoyaient les étoiles, ils ont sublimé les miens, électrisé le grand bazar cosmique de mon cerveau néo-mammalien, infusé la pensée et fondu les mots en une alchimie d'émotions, de sensations et de visions. Ils ont déchiré, arraché des lambeaux du voile, me révélant des fragments du grand dessein mystérieux qui nous entraine inexorablement et nous attache à la théorie des cordes.
I put my trust in you.


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Till

mercredi 28 décembre 2016

[VA] - Have A Rotten Christmas [vol. II] [1984]

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[céhoel, céhoel, céhoel]
- Salut p'tit. T'en fais une sale tête. Ca a pas l'air d'aller fort hein ?
- Non m'sieur.
- Hum, je vois. Céhoel. Je comprends ce que tu ressens p'tit. Sale période hein.
- Oui m'sieur, sale période.
- Je comprends que t'aimes pas ça. Tu as peur, c'est ça ?
- ...
[céhoel, céhoel, céhoel]
- Des mauvais souvenirs ?
- Oui m'sieur.
- Vas-y, raconte, ça te fera du bien d'en parler.
- Bin, c'était...c'était l'année dernière.
- Ouais...
- Ils ont...ils ont disparus. Mes parents.
- Ouais je vois. Comment ils s'appelaient tes parents ?
- Tacchini m'sieur.
- Bien sûr. Tu les as vus...partir ?
- Un jour ils sont venus, ma mère m'avait caché, je n'ai rien vu. Quand je suis sorti de ma cachettte ils n'étaient plus là. Les autres m'ont dit qu'Ils les avaient emmenés Là-Bas...et je les ai plus revus.
[céhoel, céhoel, céhoel]
- Attention, planque-toi p'tit, j'entends des pas.
.....
- Ok, je crois que c'est bon pour  le moment, j'entends plus rien. Mais Ils rodent, faut qu'on se méfie. Ils vont revenir. Chaque année c'est pareil, on sent la tension monter petit à petit, la peur gagne tout le monde autour. On se regarde tous, personne ne parle mais chacun sait ce que les autres pensent. Pourvu que ce ne soit pas mon tour, on n'ose pas l'avouer mais chacun préfère que ce soit un autre qu'on emmène. Certains sont prêts à vendre les copains pour essayer de sauver leur peau. D'abord on voit l'ombre qui s'approche silencieusement, ensuite on perçoit les pas qui approchent lentement. C'est une torture, tout le monde sait que plusieurs d'entre nous vont être pris. La porte grince, je te jure que c'est atroce. Certains sont pétrifiés, d'autres pleurent. On sent la sueur glacée le long du cou. Le pire c'est qu'on ne Les voit jamais, seulement l'ombre, les pas, le grincement de la grille. Je crois qu'on ferme tous les yeux de terreur à ce moment-là et quand on comprend que c'est fini, on regarde et certains d'entre nous ont disparu. Partis Là-Bas. Je suis là depuis plusieurs années, je ne sais pas pourquoi Ils ne m'ont jamais pris. La chance peut-être, ou un truc qui ne Leur convient pas. Je suis vieux maintenant, je ne Les intéresse peut-être plus. Mais quand j'entends les pas j'ai toujours la même peur, ça ne te quitte pas, jamais, les frissons d'horreur, les suées. [céhoel, céhoel, céhoel] Écoute-les, ils sont terrorisés. Ils savent tous que ça va se produire bientôt, plusieurs jours de suite. Leurs amis, leurs enfants, leur femme, peut-être eux. L'ombre, la grille et tout à coup tout est fini. On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas ce qui se passe Là-Bas. On sait juste que ceux qui partent ne reviennent jamais.
Tu sais mon p'tit, depuis le temps que je suis là, des Tacchini j'en ai connu plein. J'en ai vu partir plus que tu ne pourrais imaginer. [céhoel, céhoel, céhoel]. Chaque année c'est pareil. Moi je suis vieux mais je crois que maintenant, malgré la terreur je préfèrerais qu'Ils me prennent.
Tous les jours je pense à ...Ca fait longtemps tu sais. Un jour Ils sont venus, l'ombre, les pas, la grille. Ils sont venus et Ils l'ont emmenée. Ca fait plusieurs années qu'elle est partie. Maintenant je voudrais partir aussi. Je suis terrorisé à l'idée mais je n'ai plus envie tout seul. Je l'aimais tu sais et je te jure p'tit que de toutes c'était la plus belle. Jamais de ma vie je n'avais vu une aussi belle dinde.


Les punks du pays du Père-Noël :

A1 Xtract - Lies    
A2 Rattus - Will Evil Win?    
A3 No Choice - No Money    
A4 Varukers - Will They Never Learn?    
A5 Existenz - Stupid Girl    
A6 Skeptix - Another Day    
B1 English Dogs - Incisor    
B2 Xtract - Dead Hero    
B3 Existenz - Human Killer    
B4 No Choice - Watzwar    
B5 Rattus - Kukaan Ei Voi Toistaan Auttaa

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Till

dimanche 18 décembre 2016

PERFECT WEEK - DIMANCHE 18 DECEMBRE

Farniente : La chanson parfaite que l’on écoute le dimanche matin en traînant dans le lit, pour une grasse matinée bien méritée (ou pas). 

Tom Waits "Tango 'til they're sore"

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Dimanche, jour de farniente annoncé. Tu te dis que ça va être tranquille, enfin le grand moment de repos, un disque coooool, couché dans les plumes et à toi la belle vie. Mais tout n'est pas si simple n'est-ce-pas ?  Parce que bien sûr, les éléments sont contre toi. Tu connais ça, tu as déjà vécu cette scène.

D'abord le lit, là-bas au fond, qui n'en finit pas de changer de place. A la rigueur ça ne t'inquiète pas trop, tu te dis, en toute bonne foi, qu'en visant bien tu en fait ton affaire. Mais l'exercice se complique hein ? Tu sens là ? Et ouais, le sol bouge. Un pas en avant et tiens, tout à coup, ça monte. Ça va l'équilibre ? La tête qui tourne ?

Vas-y, fais le point. Concentre-toi. Peut-être en t'accordant sur les mouvements du sol ? Rester synchrone, bonne idée. Attends un peu, encore un peu, chope le rythme. Attends...attends...Là, ça y est tu l'as ? Essaie, allez essaie. C'est trop bête, t'avais pas envisagé que les murs étaient farceurs. Au moment où tu te lances le mur de gauche pivote et se retrouve devant toi.

Il vaut peut-être mieux faire une pause................................................ le temps.................................d'analyser...........................la situation.

C'est là que tu remarques ce bruit étrange. Ça vient d'où d'après toi ? On dirait...oui oui, on dirait que ça vient...oui c'est ça, ça vient...de l'intérieur de ta tête. Incroyable ! Un piano bastringue dans ta tête. Tu luttes contre les éléments déchaînés pendant qu'un piano bastringue ? Ça t'évoque vaguement quelque chose non ? Un truc déjà entendu hein, ou une sensation bien connue.

Bravo, tu évites habilement une porte qui essayait malicieusement de s'ouvrir face à toi. Tu as encore de bons réflexes dis-donc. Mais tu manques d'attention, pendant ce temps le décor a encore changé, te voilà le nez contre un mur. Dans un sursaut de lucidité tu te rends compte que tu n'auras pas le dessus. Alors tu préfères contourner l'obstacle. Puis tu cherches à nouveau le lit.

Pas facile avec cette voix qui déraille dans ton cerveau. Une voix qui parle de pipeline et de tango. Une voix longuement travaillée à la clope et au bourbon. Aïe ! Le mot bourbon déclenche un roulement de tambour intempestif. Ça tape dedans hein. Des coups de marteau ? Ou un claquement de talons cubains au plafond ? Vertige. Cette fois c'est toute la pièce qui a pivoté, tu sens ? Bin non, tu as perdu le sens de l'équilibre.

Ca bouge, tu bouges, la pièce bouge. Qu'est-ce que tu as fait ce soir déjà ? Les souvenirs s'estompent. Sous l'assaut d'une nouvelle secousse tu te raccroches au rebord de la fenêtre. Penché en avant tu regardes, incrédule, une pluie de confettis s'échapper de tes cheveux. Tu trouves ça joli, tu trouves ça cool, tu trouves ça dingue. Toutes ces pensées en même temps ? Mais voilà que...

Sous l'effet d'un miracle, d'un heureux hasard, d'une conjonction favorable des parois ou sous l'effet d'un super-pouvoir que tu ne soupçonnais pas, te voilà à portée de main du lit, but suprème de ce périple vertigineux. Il est là tout près, si près que tu peux presque le toucher. Tout près, regarde, un pas dans le vide, en visant bien. Quoi ? On entend pas ce que tu murmures. Ah si ça devient u peu plus clair. Tu le fredonnes même. C'est quoi un souhait ? Un ordre ? Une supplique ? C'est ça hein, une supplique. Send me off to bed forever more.



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Till

samedi 17 décembre 2016

PERFECT WEEK - SAMEDI 17 DECEMBRE

Fête : La chanson parfaite que l’on écoute le samedi soir, juste avant d’aller faire la fête ou de dîner entre amis (tout dépend de votre génération et de votre dynamisme).

THE KINKS "SUNNY AFTERNOON"

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Le boulot m'a pompé toute mon énergie
Et m'a laissé pour ainsi dire sans vie
A glander un après-midi ensoleillé
J'arrive même pas à enchainer trois lignes
Ça m'a vraiment collé une flemme maligne
Me reste que cet après-midi ensoleillé

Sauve-moi, sauve-moi, soulage-moi de cette pression
Le monde entier essaie de me broyer
J'adore vivre ces moments agréables
Finalement c'est ça le luxe suprême
Glander un après-midi ensoleillé
Au cœur de l'été
Au cœur de l'été
Au cœur de l'été.
Houhouhouhouhou

Parce que, faut que je vous raconte ce que je fais le samedi soir. Ok, je vous ai fait le coup du vendredi, le mec agonisant, phase terminale d'un pétage de neurones, appelez une ambulance, servez-moi un whisky, et puis un autre tiens, ah chérie je vais pas bien, je cherche une drogue qui ne fait pas mal, la vie est un enfer, comme un album d'Iron Maiden . Du flan !

D'ailleurs le vendredi soir présent alors que j'écris pour le samedi - c'est bon là, vous êtes habitués au décalage horaire non ? Sinon je suis désolé mais vous allez devoir reprendre tout au début, pas les dinosaures faut pas déconner, mais au début de la semaine. Lundi quoi. Kevin Morby dans le métro, l'introspection à la Cave, la descente des Ramones en converse, la course de Bruce en basket, jusqu'aux anguilles sous roche on the rock, le tout écrit acrobatiquement la veille, à la main et sans filet. Donc suivez s'il vous plait, sinon ça va être chiant comme un disque de Muse - tout s'est plutôt bien passé, je vous remercie.

C'était même plutôt actif, j'ai fait plein de trucs sympas, j'ai passé une bonne soirée. Pas une super soirée mais une bonne soirée. Peut-être un peu longue, oui loooooooongue comme la face B d'un disque de Yes. Mais même pas mal ! La preuve, j'arrive encore à écrire pour demain qui est déjà aujourd’hui vue l'heure tardive. Et demain, donc aujourd'hui, sera une belle journée quoiqu'il arrive. Le samedi je fais des trucs magiques pour m'occuper la tête, des trucs incroyables. Tiens par exemple, le samedi soir il m'arrive fréquemment d'inviter Ray Davies. On boit quelques verres, on discute, on boit quelques verres, je lui donne deux trois conseils pour ses nouvelles chansons. Entre potes hein, on se prend pas la tête.

Mythomane moi ? A peine. Un peu. Non mais sans déconner je passe souvent des samedis soirs avec Ray Davies. J'ai une technique éprouvée pour ça. La soirée tourne à la playlist youtube ? Je me glisse devant l'ordi pendant que personne ne regarde et hop, Sunny Afternoon. Le CD vient de se terminer ? Je branche mon itruc sur l'ampli et zou. Sunny Afternoon. Quelqu'un demande ce qu'on peut écouter ? J'ai la réponse ! L'avantage d'une chanson parfaite comme ça c'est que personne ne peut refuser. Proposez aux copains d'écouter la plus belle chanson du monde, ils vont pas vous dire, non merci j'aimerais mieux écouter le dernier Téléphone. Sérieux. C'est une vieille habitude Ray et moi le samedi.

Ah Ray, tu m'as tellement eu que je ne sais plus ce que fais, tu m'as tellement eu que je ne peux plus dormir la nuit. Je veux être avec toi tout le temps, toute la journée et toute la nuit. Mais si tu pouvais remettre un peu le soleil cet aprèm ce serait beau, même plus beau que le dernier U2. Allez remets-moi un peu de soleil, allez Ray, juste un petit rayon.

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Till

vendredi 16 décembre 2016

PERFECT WEEK - VENDREDI 16 DECEMBRE

 Vendredi 16/12 : Espoir : La chanson parfaite que l’on écoute le vendredi soir, alors que la semaine de travail s’achève, qu’un soulagement émerge nécessairement et que les projections du week end deviennent enfin concrètes.

Eels "Novocaïne for the soul"


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Vendredi soir. Même plus la force d'écrire un bout de texte foireux pour raconter comment se termine une semaine foireuse. Perfect mais foireuse. En même temps, on n'est que jeudi midi, je suis en train de courir - vous suivez ou pas, va falloir faire encore un effort, moi je suis pas en état - et d'écrire en même temps ce qui va m'arriver vendredi soir. Comment voulez-vous que je ne sombre pas dans la schizophrénie, la séparation moléculaire ou l'ionisation comme un mardi introspectif récent ?

Vendredi soir. You'd better give me something so I don't die. Je me traine - j'exagère, j'adore exagérer - pour rentrer, j'ai des images de canapés qui se forment. Moelleux les canapés. Quand je pense qu'hier midi - c'est-à-dire maintenant, faite un effort - j'avais la force de courir, l'énergie d'en dépenser, la volonté d'en avoir. Before I sputter out.

Vendredi soir. File-moi un truc pour tenir le coup. N'importe quoi, une bière, un whisky, un somnifère. Oh my darling will you be here before I sputter out ? Besoin de m'anesthésier, oublier cette cave noire au fond de laquelle j'erre la semaine, eight days a week, oublier que je cours encore et encore après des ombres inatteignables, oublier mes atomes éparpillés en orbite dans le cosmos des galères, oublier que j'ai cramé à jamais une infinité de neurones à tenter sans cesse de résoudre la quadrature de cercles à cinq côtés, oublier les synapses perdues, les neurotransmetteurs hors-service, les stimuli nerveux incontrôlables, les connexions neuronales inopérantes au point d'oublier d'en mettre un à cette phrase interminable, besoin d'inhiber des pulsions, d'endormir la douleur, de flinguer le désespoir, d'avaler l'amertume, allez donne-moi un truc qui fasse passer la pilule, jusqu'à entrevoir autre chose, un rayon de soleil peut-être plus tard, demain, soulage-moi un moment, même pas long, une nuit, une heure, une soirée. Vendredi soir.

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Till

jeudi 15 décembre 2016

PERFECT WEEK - JEUDI 15 DECEMBRE

 Jeudi 15/12 : Effort : La chanson parfaite que l’on écoute le jeudi soir, au moment où l’on effectue ce footing hebdomadaire qui nous donne bonne conscience.

 SPRINGSTEEN "FURTHER ON (UP THE ROAD)"

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We gotta get out while we're young, 'cause tramps like us, baby we were born to run. C'était facile, évident, imparable. Mais oui. Mais non. D'abord parce que je ne cède pas toujours à la facilité. Ensuite parce que j'aime bien faire le malin, vous m'attendiez là, je suis ailleurs, je vous ai bien eus. Ah lui alors il nous étonne à chaque fois, bah oui ça flatte mon ego et ça fait les affaires de mon psy. Enfin, parce que j'ai une bonne raison. Si, si je vous jure, une vraie de vraie bonne raison imparable, un truc en béton massif, avec armatures en acier trempé, qui résistera aux dix prochains holocaustes nucléaires. Je cours.

Attention hein. Au risque d'être hors-sujet aujourd'hui, je cours mais pas le jeudi soir. Je cours plutôt le midi en semaine et le matin le week-end. Question de planning, c'est le genre de truc que tu cases quand tu peux pas toujours quand tu veux. Mais ce qui compte c'est que je cours toujours en musique. Sinon je ne cours pas, c'est comme ça. En musique sinon no way, ça se passera sans moi. Et comme je cours seul, ça se passera pas du tout. En musique donc.

Autant l'avouer pour aller courir il me faut quand même une bonne dose de motivation. Et c'est pas le repas du week-end ou l'approche des fêtes qui me motive, plutôt le besoin d'évacuer. Évacuer sans m'emmerder sinon je vous renvoie au paragraphe précédent. Il y a des disques qui marchent mieux pour courir (ah ah ah). Les Toccata de Bach par exemple j'ai pas essayé mais, entre nous, j'y crois pas trop. C'est peut-être un a priori, j'en ai plein. J'ai peut-être tort, je dis pas, mais je reste plutôt dans l'idée de ne pas tenter le coup. Non je préfère vraiment un truc qui me donne le bon tempo. Pas trop speed, faut pas déconner, je veux pas risquer l'entorse de l'oreille ou l'explosion pulmonaire due au sur-régime, ou encore cracher toutes les clopes que je n'ai plus fumées depuis 25 ans. J'élimine donc d'office Bad Religion par exemple, c'est du sprint, c'est bon pour les Jamaïcains non fumeurs. Non, trouver le bon tempo c'est ça le secret.

J'ai essayé avec Munly et le SCAC, ça marche pas mal. Sauf que, Munly qui te chante dans les oreilles, là c'est la trouille qui te fait partir au sprint. Mauvaise idée. Les Ramones c'est bien. Surtout pour garder le rythme. One, two, three, four, one, two, three, four...Mais je vous ai déjà fait le coup des Ramones hier, faudrait penser à se renouveler. Quoique, y en a qui ne s'emmerdent pas avec ça, qui te balance les mêmes tous les jours de la perfect week. Hein Keith ? Ah oui, vous l'avez compris, j'ai rien écrit à l'avance, je fais ça à l'arrache au dernier moment. Donc pas les Ramones, on est d'accord. Enfin, surtout moi. Et puis j'écris ça au dernier moment mais quand même...La chanson parfaite je l'ai choisie depuis longtemps. C'est même le premier thème que j'ai coché.

Parce que je cours vraiment en écoutant cet album du Boss. Pas tout le temps of course (ah ah ah again), mais souvent. Et ce morceau il est parfait pour ça. Si vous me dites le contraire vous avez tort. Further On, c'est le genre de truc que Springsteen sait bien faire. Gros riff qui accroche, rythmique impec et mélodie imparable. J'ai pas vu le Boss en concert depuis au moins 50 ans mais je suis sûr que ce morceau est hymne que tout le public reprend en chœur pendant 50 minutes. Soit la durée d'un bon footing.

Un morceau de bravoure pour courir. Ok, la route est longue avant de se rejoindre,  là-bas au bout, plus loin sur la route justement. On va transpirer, souffler, souffrir mais c'est ça aussi le rock'n'roll. Du sang, de la sueur et des larmes. De la souffrance. Un effort, je vous rappelle le thème. C'est jamais facile, ou alors c'est qu'on vise le top 50. Mais là je vous préviens, le footing ce sera sans moi, souffrir sur le top 50, vous pouvez toujours courir.



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Till

mercredi 14 décembre 2016

PERFECT WEEK - MERCREDI 14 DECEMBRE

Mercredi 14/12 : Candeur : La chanson parfaite que l’on écoute le mercredi après-midi,
telle une madeleine de Proust, lorsque la présence d’enfants dans les rues nous rappelle
quelques souvenirs de jeunesse.


 RAMONES "I DON'T WANNA GO TO THE BASEMENT"

http://www92.zippyshare.com/v/ZOXNq9ep/file.html
 



There's somethin' down there. Hey les kids, vous laissez pas faire. Vous avez le droit. L'escalier, la lumière en panne, il y a truc là en bas. Il est là pour vous. Ne vous laissez pas faire. Les adultes ont oublié. Les adultes oublient toujours. Ne vous laissez pas faire, refusez, Hey Daddy-O. N'ayez pas honte, c'est pour de vrai, il y a un truc là en bas. La peur, la peur. Les adultes ont oublié, il est là pour vous. La lumière en panne, la cave qui vous avale, jamais rassasiée, le monstre sans corps, boogeyman blues. La peur du noir. Elle est réelle, ils ont oublié, vous laissez pas faire. Pas de honte les kids, vous avez le droit. Dans le noir là en bas y a truc qui vous attend. C'est pas vous, c'est pas vous. La peur existait avant. Ça a toujours été. Le premier atome a eu peur. Il a oublié. I don't wanna go. Alertez les bébés, la lumière en panne. L'escalier. Le souffle là à côté. Cloué sur place, tétanisé. Ce bruit derrière, Hey Daddy-O, n'y allez pas, Hey Daddy-O, pas moi, je veux pas y aller, il y a un truc là en bas, je veux pas. Hey Daddy-O.


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Till

mardi 13 décembre 2016

PERFECT WEEK - MARDI 13 DECEMBRE

Mardi 13/12 : Introspection : La chanson parfaite que l’on écoute le mardi midi, lorsque l’on s’isole pendant la pause méridienne pour se retrouver avec soi-même.

NICK CAVE "OH MY LORD"

http://www86.zippyshare.com/v/FM6x0eeH/file.html





I thought I`d take a walk today, it`s a mistake I sometimes make.
Confusion d'ombres et de lumières, ballet de silhouettes qui s'agitent vainement, tentant  d'attraper... Une agitation dérisoire tournée vers...Une nuée de particules s'orbite autour du grand vide magnétique. Mouvement statique, tourne en rond, reviens au point de départ. Courir, courir. Pas le temps, plus le temps, PAS ASSEZ DE TEMPS. Dans un fracas atomique une molécule perd un électron, devient instable, pas bon, pas bon, pas bon.

Call it a premonition, call it a crazy vision
Call it intuition, something learned from mother

Annonces classées : Charge positive cherche électron libre pour créer noyau stable. Sérieux s'abstenir. Possibilité fonder cellule souche, créer deux ou trois bosons de Higgs, changer leurs couches électroniques saturées. Couche K, capacité 2. Petit proton deviendra grand. Envoyer sms au 999. Dans la grande partouse des particules, une molécule s'accroche à son électron pour graviter ensemble, à deux, tout seul, pareil.

Now I`m down on my hands and knees
And it`s so fucking hot!
Someone cries, "What are you looking for?"
I scream, "The plot, the plot!"

"Je ne crois plus en la gravité, elle m'a laissé tomber" chante un atome transformé en ion. La guerre des ions est déclarée. Télévision, inquisition, rébellion. Lui pas comme moi, moi pas aimer lui, ça va saigner. Bombardons les protons, bombardons les neutrons, eux pas comme nous. Les ions irréversibles.

The ladders of life that we scale merrily
Move mysteriously around
So that when you think you`re climbing up, man
In fact you`re climbing down

Lucy s'envoie en l'air avec Robocop des CERN sous les yeux je suis la fin de l'évolution Darwin Station terminus tout le monde descend je suis la fin de l'évolution je suis la dévolution DEVO DEVO are we not men ou juste des agglomérats aléatoires de particules qui tournent en rond en rond en rond je suis un isotope radioactif 3615 Keskeuchfoula j'avale du polonium au ptit déj l'accélérateur à fond collision imminente j'envoie mes particules dans l'espace.

Des silhouettes s'agitent [vainement] autour de moi.



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Till